Rapport et autres écrits

Soumis par Graythorn le dim 24/03/2024 - 13:36
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Salut June ! C'est moi, Zenia.

Bon, euh… je voulais t’appeler pour te raconter un peu ce qui s’était passé au Centre Commercial. Non pas que je ressente le besoin de me justifier, hein, mais bon, il s’est passé des choses, ça me travaille pas mal. Et bref, je ne voyais pas trop à qui d’autre confier tout ça.

Tu me diras, tu ne vas pas entendre grand-chose, vu que je suis en train de parler au vidéophone éteint, sans même avoir décroché le combiné. Mais c’est pour m’entraîner, hein. Je n’ai pas l’habitude de faire ça. Je veux dire, me confier. Et parler de moi aussi. Enfin bref. Je suis sûre que toi, tu comprends.

Ça avait plutôt bien commencé en fait.

Quand j’ai compris que tout allait se jouer au Centre Commercial, et qu’il n’y avait pas une minute à perdre, j’ai foncé. Oh, pas toute seule, hein. Abel était avec moi. Et je savais par où passer.

En arrivant sur les lieux, je n’avais qu’une idée en tête, retrouver Ivy. C’était elle notre cible principale, elle était responsable de la mort de Gerry. Les autres, eh bien… on verrait une fois à l’intérieur. Ça ne sert à rien de tout prévoir.

Je me suis infiltrée sans problème dans le parking, dépassant deux gars costauds qui chargeaient un camion avec du matériel médical. OK. Deux réplicants dans mon dos. Tout en continuant à progresser à l’intérieur, le plus discrètement possible, j’ai commencé à me rendre compte qu’ils étaient quand même nombreux. Très nombreux. Mais bon, tant qu’ils ne me voyaient pas… Comme une ninja ! Bon, tu me traites toujours de chat noir, mais là, pour le coup, c’était chat noir ninja ! Et pour une fois, Abel n’a pas tout fait foirer avec sa démarche bruyante. Il y avait de nombreuses bâches plastique délimitant tout un tas de postes d’opérations et de soins médicaux. Tout ça pour des réplicants ? Ils étaient sacrément bien organisés quand même.

Et puis forcément, à un moment donné, il est devenu plus difficile de progresser. Tant de Nexus ! J’ai commencé à psychoter, à croire qu’ils m’avaient repérée. Tous ces réplicants armés jusqu’aux dents, je me suis dit, là ma vieille, tu es vraiment foutue. Ça ne fait pas un pli. Plus d’échappatoire possible.

Mon cœur s’est mis à cogner tellement fort dans ma poitrine, ma vision s’est troublée, j’avais de la sueur plein les yeux.

Et là j’ai senti la main d’Abel. Tout doucement, comme une plume. De peur que je morde. Que j’explose. Comme si c’était mon genre… Bon, un peu, des fois, c’est pas faux. Toujours est-il que petit à petit, mon cœur s’est calmé. Ma panique a reflué. Je ne sais pas comment il s’y est pris. Tu y crois, ça, qu’un réplicant arrive à ce point à percevoir tes émotions qu’il sait exactement quoi faire pour te faire redescendre ? Est-ce que c’est leur programmation ? Est-ce qu’ils sont en fait hyper sensibles à nos émotions pour pouvoir s’adapter au mieux et se fondre dans notre société ? Une telle empathie synthétique est-elle possible ? Ou est-ce qu’en fait ils seraient presque plus humains que nous ?

Toujours des questions. Comme d’habitude, je pose toujours trop de questions qui dérangent.

Bon, je ne devrais pas te dire tout ça. D’ailleurs je ne te le dis pas, l’écran est éteint, hein, tu ne le sauras jamais. Si ça se trouve, pour toi aussi, ce ne sont que des sacs de peaux.

Après ça, j’ai retrouvé mes esprits, ma combativité légendaire, nickel. J’ai repris ma progression, en me dissimulant soigneusement dans les ombres de l’entrepôt… Et j’ai rapidement repéré Ivy. Avec son autorité agressive et l’urgence de sa voix. La Boss de cette sympathique armée de Nexus. Elle me tournait le dos, consultait sa doc. Je ne pouvais pas la rater. J’ai fait feu direct, sans me poser plus de questions, sans attendre. Je l’ai touchée à l’épaule. Abel a tiré lui aussi dans la foulée, et il ne l’a pas ratée non plus. En plein dans l’œil. Le sang a giclé, elle s’est écroulée, et s’est mise à tenter de ramper faiblement vers la sortie par derrière.

Et là, ne me demande pas ce qui s’est passé. Un drôle de transfert psy de mes deux. Parce que ce n’est plus Ivy que j’ai vue étendue au sol dans une mare de sang grandissante. C’est moi. C’était moi qui étais en train de mourir. Ce n’était pas la réplicante. Pas ma cible. Pas ma mission. C’était moi-même que je venais d’assassiner de sang-froid. Et dans le dos en plus. Mon propre sang n’a fait qu’un tour. J’ai basculé sur le côté, je me suis recroquevillée comme une pauvre gamine terrorisée. Je n’avais pas ressenti ça depuis la mort d’Aleks. Mais bon, ça non plus, tu n’as pas besoin de le savoir.

J’ai vu ma courte vie défiler, dans toute son absurdité. Impossible de bouger. Et là j’ai vu Abel se prendre toutes les bastos de la planète. Pour me protéger. Moi, si fière de mes propres choix, tremblante comme une feuille morte. Et pourtant, pour les autres, lui, il n’est que quantité négligeable. Sacrifiable. Toujours les mêmes qu’on sacrifie. Alors même que si ça se trouve, ce sont eux les plus humains d’entre nous, dans leur abnégation, dans leur sensibilité à nos propres erreurs. Mais ça non plus, il ne vaut mieux pas que je te le dise. Je ne suis pas sûre que tu comprendrais.

De toute façon, l’écran va rester éteint. C’est tellement ridicule, ce que je suis en train de faire. Regarde-toi, ma pauvre Zenia. Toujours la même petite fille paralysée. J’en ai marre. J’ai trop la rage. Il faut que ça cesse. Il faut que ça sorte.

Mais bon, ne t’inquiète pas. Je ne fais pas n’importe quoi. Enfin pas toujours. Mais c’est gentil de t’inquiéter pour moi. En fait, c’est tout ce que je voulais te dire. Merci de t’inquiéter, mais ça va. Je vais revenir rapidement au boulot, car là c’est trop l’ennui. Je réfléchis trop, la preuve, je parle à un écran noir.

Ah et si, je voulais te dire aussi. Je pense que tu ferais une super maman. Même si j’imagine ta tête exploser rien qu’à cette idée. Peut-être que ça, je te le dirai en face la prochaine fois. Je suis certaine que ça te ferait encore plus sortir de tes gonds. Mais avoue, tu es bien contente de m’avoir rencontrée. Avec moi on ne s’ennuie jamais :D

A plus, Maman. Mollo sur la picole et la clope. Ça fait vieillir trois fois plus vite. Et n’oublie pas ton rendez-vous chez le « coiffeur ». Faudra que tu me le présentes un jour.

 

La porte claque, mon fidèle trench-coat tombe au sol et je me retrouve accroupie, la main farfouillant dans un placard  à la recherche d’une bouteille qui devrait traîner par là…

La canapé s’affale, craquant sous mon poids et je sens déjà la brûlure du nectar dans ma gorge…

Le verre claque sur la table et je me laisse submerger par les souvenirs de la soirée…

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[message du chat noir] Balek, je me jette dans la gueule du loup, je ne tiens pas à la vie!

Put@&!! Elle m’épuise…Juste le temps de poser une analyste, Serenity je crois ou un truc comme ça, devant les écrans pour servir de tour de contrôle et me voilà arrivée devant le centre commercial…

La force d’intervention n’attend que mon go pour lancer l’assault, mais je ne peux pas faire ça tant que j’ignore où la bleue et son toutou sont allés se fourrer… C’est parti pour la mission « trouver, sécuriser, engueuler les sales gosses»!

J’avais réussi à identifier les potentielles sorties « non officielles » grâce aux plans du bâtiment et à l’aide de mon indic.  Et voilà que je me retrouve à ramper dans des aérations pour entrer en toute discrétion… oui des aérations! Non mais sans blague, j’ai failli me rompre le cou quand je me suis retrouvée à descendre à pic dans ces fichus tunnels de métal! Elle va m’entendre la Zénia!!

Je finis par atterrir dans un espèce de débarras donnant sur une pièce pleine de bâches blanches. Un homme me tourne le dos… Humain? Répliquant? Juste le temps de le maîtriser (Brillamment! Humain donc…) et de l’interroger puis soudainement, un coup de feu!
Non mais elle a pas fait ça?? Tirer dans un lieu clos potentiellement plein de répliquant alors qu’ils ne sont que deux?! Si, c’est clair, elle l’a fait… il n’y a qu’elle pour faire ça…

Bonne nouvelle: je les ai retrouvés!

Mauvaise nouvelle: je ne suis pas la seule à l’avoir entendu…

Et bien sûr, pas moyen d’envoyer de message pour lancer l’assaut car… suspens… on ne capte pas dans ce put@&! de sous-sol! Super le matos!

Je décide donc de courir le plus vite possible vers l’escalier qui montait à l’étage, à l’opposé du bruit, pour essayer d’atteindre d’une zone où mon satané message pouvait être envoyé.

[Message envoyé]

Ok, ça c’est fait! Demi-tour, direction Zénia! Ça fait longtemps que je n’avais pas fait autant de cardio… et puis soudain… des hurlements… mais de vrai hurlements! À plein poumons! Comme s’ils n’avaient pas déjà fait assez de bruit!!

Ma course vers les deux comparses est un peu floue… je me rappelle avoir dégommé un répliquant, avoir entendu les balles fuser autour de moi et m’être retrouvée face à un spectacle déroutant… Zénia à terre, complètement affolée et son nexus luttant de toutes ses forces pour la protéger, sans aucune retenue…

J’ai vu son regard… J’ai vu sa peur pour Zénia… Et j’ai vu la peur de Zénia… c’est un jeu dangereux… Quand la limite entre l’humain et le répliquant se fait floue, comment continuer à faire notre travail sans y laisser une part de notre humanité? Comment retirer un répliquant en soutenant son regard si humain? Comment supporter le fait d’être un tueur et non un protecteur? Il faudra que je lui parle… Un jour, pas dans l’immédiat… Je doute qu’elle m’écoute de toute façon…

Les renforts ont fini par arriver et à nous débarrasser des assaillants restants pendant que je restais avec la petite pour la protéger… 

Juste le temps de contempler le massacre que Zénia se barra à nouveau! Pas possible celle-là! 

Mais elle n’alla pas très loin… Elle était juste à la poursuite d’Ivy qui, blessée, essayait se s’échapper en se traînant difficilement sur le sol.
Nous étions seules, Zénia, Ivy et moi… le bruit d’un transport, un train peu être, se faisait entendre au loin…

Mon arme se lève en direction de la tête d’Ivy… Son œil restant me fixe, attendant son sort… Sort que je connais déjà: mourir ici ou mourir là bas… Je suis une Blade Runner. Le coup de feu part… La nexus est retirée…

******

Mes yeux s’ouvrent… Je sors de la douche. Comment suis-je arrivée là? J’attrape une serviette et me retourne vers le miroir que j’essuie d’une main fatiguée… 

Je suis là, je me regarde, mais mon reflet n’est pas net… Comme une télé mal réglée… 

Note à moi même: Parler à Zénia

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C’est noté.

Enquête : NX9-TKXX79 Jerry

 

Le xx/xx/2035 le département RDU du LAPD est informé de la présence d’une unité NX9 au pied du mur océanique. Les services dépêchés sur place indiquent la présence d’un chantier non loin et l’enquête préliminaire des agents de police Ethan Ricci et Margo Rogers détermine l’appartenance de l’unité au chantier de maintenance du dit mur océanique.

 

Les agents de police se soumettent alors aux procédures standards d’enquête et préviennent immédiatement le RDU. Les services de secours sont décommandés et l’équipe scientifique du RDU se rend sur place. Après analyse, l’unité défectueuse est rapatriée à la tour centrale pour examen approfondit.

 

Deux inspecteurs sont dépêchés sur l’enquête suite à un problème administratif1 2. Le Capitaine Holden approuve l’envoi de deux inspecteurs (Sheenon Zénia et Miller June) afin de déterminer les circonstances de cette mort3. L’enquête déterminera trois points :

-          L’unité ‘Jerry’ a subi une malfonction des systèmes supérieurs de raisonnement aboutissant à un retrait4.

-           L’inspectrice Sheenon a découvert des malversations financières autour de la qualité des matériaux. Le dossier a été transmis au département commercial du LAPD. Une enquête est en cours auprès de la compagnie ASHCROFT. L’ingénieur Maximilian Stratton a été placé en détention provisoire pour plusieurs chefs d’inculpations.

-          Le retrait prématuré de l’unité a permis d’attirer l’attention sur un trafic illégal utilisant la mauvaise qualité du mur par endroit afin d’y aménager des caches. Ces dernières ont facilitées le transit d’unités NX8 ainsi que des marchandises illégales dont plusieurs armes.

 

Suite à cette découverte, les inspecteurs prennent les devants et déterminent avec une grande efficacité l’identité du leader de ce réseau. Une unité NX8, modèle de plaisir, considérée comme déjà retiré quelques mois plus tôt suite à une descente de police. Les autorités ont conclus que le corps est probablement tombé à l’eau. Jugé irrécupérable, cette unité a été inscrite aux archives5.

 

L’unité NX8, désignation ‘IVY’, c’est doté d’une clinique clandestine au sein d’un complexe commercial abandonné. D’après le matériel récupéré, il s’agissait d’un centre permettant le changement d’identité et les réparations d’urgence. Une dizaine d’unité NX8 s’occupaient de la manutention et de la sécurité de l’endroit. Etrangement, aucun d’entre eux ne disposait de connaissance avancé en génétique, médecine ou chirurgie. Ce fait, corroboré aux nombreux témoignages, permet d’envisager à minima d’un médecin humain sympathisant de la cause.

 

Ce dernier reste introuvable à l’heure actuelle et un mandat d’arrêt a été émis envers Pradja Singh. Un membre de l’ordre des médecins aujourd’hui rayé de cette liste suite à une erreur médicale lourde ayant couté la vie a plusieurs patients (prescription de plusieurs médicaments frauduleux).

Ces informations ont été collectées suite à l’assaut du centre commercial occupé par un culte offrant l’aide aux sans-abris. Ce culte était soutenu par la clinique clandestine afin d’offrir une couverture. Tombant sous le coup d’une accusation de sympathie envers des technologies illégales et ayant opposé une force létale aux forces de sécurités de la ville l’assaut fut donné dans les règles.

 

Le rapport définitif fait état de 5 blessés et de 3 morts parmi les sans-abris. La totalité des unités NX8 ont été retirés et plusieurs arrestations ont été effectuées notamment le leader du culte qui s’est montré coopératif après la mort de l’unité IVY. Son dossier a été transmis au procureur pour sa mise en accusation. Une peine d’exile dans les colonies a été requise. Au vu de l’affaire, le tribunal devrait statuer sous peu.

 

L’affaire est considérée comme classée. Toutes les preuves ont été rajoutées aux archives. L’unité Jerry a été transmise à la Wallace Corporation pour déconstruction et analyse des pièces.

 

Note de bas de page

1-      Message non disponible. Niveau d’accréditation insuffisant.

2-      Message non disponible. Niveau d’accréditation insuffisant.

3-      Non disponible. Niveau d’accréditation insuffisant.

4-      Certaines preuves tendraient à penser qu’il s’agissait d’un retrait autodéterminé en accord avec la doctrine Wallace. Aucun humain ne devant être blessé par la faute d’une unité NX9, ce dernier conscient d’une malfonction aurait décidé de procéder de lui-même au retrait.

5-      Non disponible. Niveau d’accréditation insuffisant.

 

Rapport rédigé par l'Analyse NX9 – TRX96 ‘Serenity

Note de bas de page classifiée à destination de l’unité Blade Runner

1b Message du central demandant l’envoi d’un agent sur le chantier suite à suspicion de mal fonction d’unité NX9. Demande d’application du test Baseline pour renvoi en usine et réajustement.

2b Demande d’annulation de la part de l’ingénieur en chef. Demande non justifiée à ce jour.

3b Rapport d’autopsie laisse entendre que la victime a été passé à tabac puis séquestrer. Trace visible malgré le fait que l’unité se soit retiré elle-même en sautant du haut du chantier sans aide. Rapport confirmé par la caméra de surveillance.

3c En complément, la vidéo du passage à tabac dans les entrepôts proches du mur océanique par l’unité IVY.

4b Des éléments tendent à faire penser que l'unité a découvert cette contrebande. Coincé entre la sympathie pour d'autres réplicants et le mal pouvant être engendré par cette contrebande. Ce dernier pour éviter tout choix a décidé de se retirer lui même

5b Note interne du Capitaine Holden à destination d’un service du LAPD. Niveau de confidentialité supérieur requis pour accéder au contenu.

 

 

Localisation inconnue

Lieutenant Lucas Rosen

La seule chose que je n’ai jamais gardé de mon père, c’est le souvenir de sa tombe. J’ai passé des heures sous la pluie à mémoriser chaque détail de la pièce de granite. J’ai bazardé tout le reste. Pour moi, ça reste toujours un connard moralisateur, violent et traditionaliste. Un père déplorable, un mari inexistant et chercher en lui ce qui est humain serait une perte de temps.

Mais il y a un défaut qui lui a toujours été utile : la paranoïa. Et il avait toujours une longueur d’avance dans ce domaine. Ce pourquoi je me retrouve à crapahuter dans des ruines alors que le ciel n’a toujours pas fini de lâcher ces hallebardes d’eau. Flash info : les derniers anges que ces larmes pourront sauver sont les rares statues issues d’une époque révolue.

 

‘’Comment c’était déjà ? Mentre che ‘l danno e la vergogna dura’’

 

On ne se refait pas. J’ai toujours eu un penchant pour la tragédie, même au milieu de ruine. Non, c’était probablement la chose la moins idiote à faire au milieu de ruine. Pas comme passer le cordon de sécurité indiquant que la zone allait être démolie sous peu. Mais j’ai fait une promesse et j’ai un vieux rendez-vous avec l’histoire.

 

Mais je me baisse alors que je remarque des traces de pas récente dans la poussière. Beaucoup de monde est passé par là alors que j’étais certain que personne ne connaissait le chemin principal. Ils ont dû déblayer ça au forceps. Rien de grave au final, ils ont probablement dû rentrer les mains vides. Je passe les doigts sur la pancarte.

 

‘’Miroir mon beau miroir…Dit moi de quoi mon futur sera fait ‘’

 

 

 

Bar le [Censuré] – Localisation inconnue

Jena Han - Barmaid

 

« Mai Tai »

Je fais un effort de présentation. Je cherche un dessous de verre propre, je passe un coup de chiffon nerveusement sur le comptoir et lorsque ça parait correct je pose enfin le cocktail en retenant mon souffle. Pas que ça fasse une énorme différence. La moitié des trucs dans ce verre ne sont pas naturel et j’ai fini par improviser quelque chose à base de boisson énergétique et autres merdes que j’ai pu trouver pour construire un truc qui ressemble éventuellement à un Mai Tai .

 

Ça n’empêche pas que je suis suspendue aux lèvres de cette femme en rouge. C’est idiot, je ne sais pas ce qui m’arrive. Je me n’intéresse pas aux femmes mais j’arrive pas à me détacher d’elle. J’ai passé la moitié du service à moins d’une encablure pour être prête au cas où. Et maintenant, l’idée d’être jugée me rend nerveuse…L’idée que cette merde touche ces lèvres me met en pétard. Elle mérite mieux.

Elle répond avec un sourire. C’est plus que je mérite. C’est bientôt la fin de mon service mais je pense faire du rab…Je me demande qui elle peut bien attendre comme ça depuis des heures.

 

 

Tour du LAPD

Agent Ethan Ricci

 

L’agent termine sa tasse de bave de chameau sommairement baptisé café par ses collègues. Il avait entendu dire que dans les étages supérieurs, le café était meilleur. Une légende urbaine, personne ne montait dans les étages supérieurs. Pas pour redescendre parmi les petites mains. Il bailla une nouvelle fois à s’en faire décrocher la mâchoire. L’accident de speeder lui avait pris une bonne partie de la soirée. Surtout à attendre la dépanneuse.

 

Mais se retrouver une heure plus tard sur le site d’une explosion et se retrouver aux infos, ça c’était autre chose ! L’adrénaline avait fait sa part pour rapidement retomber quand on lui avait demandé de simplement tenir à l’écart les journalistes et interroger les badauds. Personne n’avait rien vu mais le cratère restait impressionnant.

 

Moins impressionnant que l’inspectrice qui était arrivée après. Miller était une légende du bureau RDU mais elle n’avait normalement aucun partenaire. Alors qui était le mec qui c’était déplacé avec elle ? A le voir brailler sur l’équipe technique, c’était certainement un analyste qui avait l’air de savoir ce qu’il faisait. Ça faisait bizarre de les voir tous courir, à croire que l’enfer venait d’ouvrir ses portes.

 

Etrangement, il se souvient qu’il devrait repasser a la compta pour le décompte de ses heures supplémentaires non payés. Il avait l’attestation du sergent de service mais il n’arrivait pas à se dire qu’il faudrait aller à la compta. Alors qu’il ferme son placard, la tête du Sergent apparut.

 

« Ethan…Remet ton uniforme. Prend un canapé et dors un peu car dans trois heures on t’attend à l’hôpital. Tu vas devoir monter la garde devant la porte d’un corpo. Le thermos de café est offert par la maison.

- Sergent, dans mon état je serais bon a rien.

- Mon p’tit chat, j’vais t’expliquer la situation. Entre les mecs qui sont réquisitionné pour protéger la marie, les devantures des entreprises, les patrouilles renforcés pour faire de

l’affichage, tout le monde est dehors ou presque. Estime toi heureux de pouvoir faire le planton avec une chaise à disposition. »

Le sergent enfonce l’ordre de service dans la poitrine du jeune homme éternué. Le Sergent Dante était un vrai trou du cul, raciste et étrangement suprématiste. D’aucun pourrait trouver ça illogique mais Ethan avait fini par découvrir qu’il y avait simplement une superposition de strates. Des strates de haine qui commençait généralement par les jeunes sortit de l’académie, puis les cafards, le café froid, les gens qui lui répondaient, les autres ethnies que la sienne, la violence lorsque ce n’était pas lui qui l’offrait de manière aussi généreuse que son tour de ventre…Mais les nexus faisaient encore l’objet de paris. Avant ou après le café froid ?

Souvient, il surprenait le sergent à plisser ces yeux porcins, réfléchissant certainement au placement d’Ethan dans l’une de ces strates infernales. Le jeune policier froissa le papier en soupirant et le jeta dans son placard.

« Ok, je fais une sieste et j’y vais. Pas sûr de l’efficacité que j’aurais ces prochaines heures.

- Pas mon problème. Va te plaindre à la détective Zhao, c’est elle qui vient de donner cet ordre. Alors ferme ta cambuse et prépare toi.»

 

Docteur Pradja Singh

Localisation Inconnue

 

La main tremble alors qu’il termine de couturer la plaie.

‘‘Comprenez que j’ai fais ce que j’ai pu. Après la dernière mésaventure, j’ai plus d’accès a…’’

Ses mains pointent l’arrière-boutique en piteuse état.

‘‘J’ai plus vraiment de réseau. C’est déjà étonnant que vous m’avez trouvé aussi facilement‘‘

L’homme sur le fauteuil se lève difficilement.

‘‘Vous devriez vous reposer. Revenez dans deux jours, je pourrais faire un peu mieux.

- C’est déjà bien. Plus que suffisant pour ce que j’ai à faire. ’‘

L’ancien médecin ne répond pas. Il a déjà vu ce genre de regard et il sait ce qu’il signifie. Il jette le scalpel dans une petite cuve en inox qui ne tarde pas à se teinter de carmin.

‘‘Vous devriez y réfléchir encore une fois. Peu importe ce que vous avez en tête ça peut attendre ‘‘

Il ne répond pas. Il dépose simplement une liasse de chinyen et de repartir dans le brouhaha de la rue.

 

 

Tour du LAPD

Analyste Dean Winchester

C’était la troisième fois qu’il faisait un tour jusqu’à la machine à café. Connaissant son caractère colérique mieux que personne, il préférait faire des aller-retour dans les couloirs en utilisant des routes aléatoires ne répondant à aucune logique afin de tromper son esprit. Le but de tout ce cirque était d’éviter de hurler et de passer une nouvelle fois pour un fou.

 

Senerity avait déjà pointé du doigt qu’il parlait régulièrement tout seul. Pas qu’il entendait des voix mais vocaliser ses problèmes professionnels l’aidait à mieux appréhender la résolution de ces derniers. Mais ces derniers messages qui tournaient en boucle sur certaines fréquences spécifiques avec des séries de nombre à intervalle régulier le rendait f